|
2020. La Dame blanche
Et je remercie ce pommier d'auréoler de ses fleurs blanches
la statue de la Dame blanche.
Je viens de faire sa toilette avec précaution et tendresse,
en pensant à ma grand-mère et marraine
qui fut son modèle, et que je regrette de ne pas avoir
mieux connue, mieux embrassée sur le lit d'hôpital
où je l'ai vue pour la dernière fois.
Mon amie Heidi m'appelle au téléphone pour me signaler
le documentaire "Chana - Le flamenco est ma vie" où l'on aperçoit,
dans le jardin de la danseuse, une statue qui ressemble à la mienne.
Ce documentaire m'émeut tant que j'essaie d'en trouver la raison.
Elle n'est pas dans la statue. Même si, en effet, la verseuse d'amphore
de ce jardin d'Espagne pourrait avoir été inspirée à l'artisan
qui l'a réalisée, semblerait-il dans les années 1950, par la fontaine
de Gabard, dont il aurait pu voir l'original à Pau (un clic ici),
où par les nombreuses cartes postales qui l'ont fait connaître.
Une autre ressemblance me semble plus frappante: celle des
expressions de la Chana, d'après les photos et films faits d'elle
dans sa jeunesse, avec celles du visage de Danièle Schiffmann.
Danièle regarde à son tour le documentaire, acquiesce en partie
à ces comparaisons, et me confie que la seule danse à laquelle
elle s'est essayée est le flamenco.
Bien sûr, j'aime passionnément cette danse que m'a fait connaître
mon père en m'emmenant, enfant, voir danser Carmen Amaya.
Mon père qui avait détesté le sien, parce qu'il maltraitait
ma gracieuse grand-mère.
Comme son homme maltraitait la superbe Chana.
|
|
|
|
|
|
|
|
Tous droits réservés La Terre est bleue © V.02/2017 |