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2016. Les couleurs du jardin
Des vaches maigres
"Ernest Gabard travaillait sur tous les supports.
Il réalisa des peintures murales, orna des services de table,
fit des portraits et maints dessins sur le vif qu'on s'arrachait ;
il continua par ailleurs de créer des affiches, coupes
et trophées sportifs. Riche et précieuse production
dont il ne reste pourtant que de rares témoins.
Même si l'artiste était dans la plénitude de son talent,
il traversa des temps difficiles. La "belle époque" était bien finie.
L'on ne se faisait plus que rarement représenter
par un buste, la photographie étant moins onéreuse.
Parmi la dizaine de sculpteurs palois, la concurrence
était rude. Heureusement, ses talents de dessinateur
permirent à Gabard d'illustrer des ouvrages, parmi lesquels
ceux de son ami Paul Mirat, poète et peintre lui-même.
Dans le livre "Aux jours heureux de ma bonne ville",
celui-ci se souvient : "Au fond de la salle, Gabard, artiste
à l’aube de la renommée, toujours en quête de nouveaux modèles,
reproche à Julie son peu d’assiduité aux heures d’atelier
où elle pose depuis plus d’un mois à la réalisation
d’un ange séraphin d’une belle venue…". Jacky Decaunes
voit là une possible allusion au modèle de la Dame blanche ;
et j'ajoute : Julie pouvait être le diminutif de Julienne,
Mirat aurait-il alors confondu la nymphe avec un ange ?"
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