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2016. Les couleurs du jardin
Quatre ans de guerre
"Gabard fut mobilisé le 4 août 1914 ; il avait alors 35 ans, était
"apte à l'équitation, aux soins des chevaux et à conduire des voitures".
Il obtint le 17 décembre le grade de sergent dans l'Argonne, où il passera
2 ans au gré des avances, des relèves, des attaques et des replis.
Malgré l'horreur de la guerre, il garde son humour et note que Noël 1915,
passé à Nubécourt, "fut une réunion des plus gaies et des plus cordiales."
Deux jours après, lui et ses hommes sont transportés en première ligne.
Dans l'attente des ordres, à l'abri du boyau de La Harazée, il remplit
des carnets de dessins de la vie des tranchées. Le 16 janvier 1916,
il se représente casqué et muni de son masque à gaz
et note au revers de l'aquarelle : "Mon portrait le plus récent".
Les bombardements sont acharnés. Le 15 mars 1916, manquent
à l'appel cent-cinq camarades dont tous ceux de son escouade.
La veille, une crise d'appendicite l'avait tenu éloigné d'eux,
qui allaient être anéantis sur le front. Il conserva toujours du fait
d'avoir été ainsi "miraculé" un sentiment de culpabilité.
Au cours de l'hiver 17/18, particulièrement froid, comme il avait,
enfant, fait la statue d'un maréchal, il sculpta dans la neige durcie
un monument représentant deux poilus grandeur nature.
Au dos de la photo qui en garde le souvenir, il a noté :
"1917. St-Hilaire du Temple (ambulance) 25° au-dessous de zéro".
Après la guerre, il n'eut de cesse d'exprimer dans la pierre
ou le bronze les souffrances et le courage de ses compagnons,
ces soldats dont les noms innombrables allaient être gravés
sur ses poignants monuments aux morts."
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